28.10.2009
Journal d'une EX-ALCCOLIQUE !!!!!
Et oui, 2 ans déjà ! Fini de compter en jours, semaines ou mois !
Vous vouliez savoir qui se cachait derrière ce blog : et bien voilà ... ça, c'est fait :-)
Voici le vrai visage "d'Adeline", la nouvelle Adeline sans visage bouffi, cernes sous les yeux vitreux et rides prématurées.
Plus rien à cacher et beaucoup de joie de vivre à partager !
Que de chemin parcouru : je tiens le cap, je viens de créer ma propre boîte, je commence une formation de coaching en développement personnel, JE VIS SANS ARTIFICES !
Malheureusement, pour les nouvelles que j'en ai, la plupart de mes petits camarades du Quotidien ont replongé - certains avec des rebonds vers l'abstinence, d'autres pas.
Je ne sais rien y faire - à chacun son chemin et ses choix mais ils savent que je reste à l'écoute. Ceci dit, sans volonté, le chemin restera toujours cahotique.
Et pour ceux qui m'ont suivie, mon psy va bien !
Que de bonnes nouvelles en somme :-)
Love you all.
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16.04.2009
AMERE CONSTATATION
Image choc ?
A vous de juger !
Mais ... amère constatation après presque 18 mois d'abstinence totale et "reproche" que je traduirais par :
Quand on boit, on aime votre compagnie parce que vous êtes festive.
Quand vous cessez de boire, on vous considère comme une emmerdeurse ?!
Doit-on être ou redevenir alcoolique pour être plus socialement acceptable et accepté ?
15:30 Écrit par Adeline dans Général | Lien permanent | Commentaires (5) | Envoyer cette note |
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04.12.2008
MON PSY ET MOI DIVORCONS !

Presqu’un an que nous nous fréquentons assidument, enfin régulièrement du moins.
Et voilà … le temps fait déjà son effet, les habitudes s’installent, la routine prend le dessus.
Il est temps de mettre un terme à cette relation.
Mon Psy et moi divorçons !
A l’amiable bien entendu.
Pourquoi se déchirer, se faire du mal alors qu’il m’a fait tellement de bien ?
En me bousculant parfois un peu mais il a une logique qui me sidère.
C’est le seul homme auquel je ne tienne pas tête parce que ce n’est tout simplement pas nécessaire.
Ou alors c’est un mauvais psy qui abonde dans mon sens pour me calmer, ou alors c’est un excellent psy qui a compris comment je fonctionne et qui profite de cela pour faire passer ses messages.
Au départ, c’était une relation forcée, une condition sine qua non à ma remise en liberté dans le monde de la tentation, des rayons alcools et spiritueux, des apéros arrosés, des traquenards en tous genres.
Plus d’un an que je n’ai plus touché à une seule goutte d’alcool.
Et sans effort.
Je ne prends plus de Campral non plus … le dernier signe qui pouvait me rappeler mes dérives d’hier s’est tout naturellement effacé de ma pharmacie.
Maintenant, de là à dire que tout va bien dans ma vie, ce serait un raccourci un peu rapide !
Que du contraire, je n’ai que des problèmes.
Enfin, moi pas particulièrement, mais plutôt tous ceux qui m’entourent de près.
Un grand ado qui se cherche, qui abhorre notre société et qui essaie péniblement de sortir de ses humanités en s’évadant dans les joints … on fait comment docteur ?
Un ado plus jeune qui me semble avoir décidé de prendre une année sabbatique et qui n’en fout pas une au lycée. Seuls ses serpents et ses ‘tchatches » entre spécialistes d’ophidiens ont de l’importance pour lui … doc ????
Un WE sur deux, les « beaux-enfants » dont une gamine de 8 ans qui, si elle continue, va se retrouver emplafonnée. Doc m’avait demandé de ne surtout pas intervenir parce que c’était de la part son papa uniquement que cette enfant attendait une réaction. Moi aussi du reste, ceci dit en passant !
Mais comme nulle réaction tangible en 6 mois, j’ai détrôné la princesse de manière catégorique et je reprends le lead.
Une mère qui s’est ruinée à entretenir mon frère qui n’a jamais voulu travailler et qui se retrouve à présent avec un paquet d’huissiers devant sa porte.
Bah, ce n’est pas grave : s’ils saisissent les albums de Tintin et de Marsupilami du frangin, il aura toujours le Vlan ou les folders pré-St Nicolas et Noël d’Aldi à lire.
Sans compter la situation économique, les licenciements annoncés, l’avenir incertain.
Mais je tiens la route, le cap.
Alors, nous en sommes arrivés à cette conclusion mon psy et moi : je me retrouve en situation classique de Monsieur ou Madame Toutlemonde qui doit vivre avec les soucis quotidiens et je ne vais pas continuer à courir dans son cabinet quand l’un ou l’autre disjoncte.
Et comme je ne me précipite plus non plus sur le pinard pour me calmer … « et bien Madame, je pense que vous êtes vraiment guérie » !
Voilà, le divorce est annoncé.
Nous nous verrons de loin en loin pour nous donner des nouvelles de la vie, comme deux vieux potes dont l’un a solidement tenu la main de l’autre pour la sortir du trou, de la fange, de la déchéance.
Je n’aime pas les séparations, les divorces mais c’est parfois nécessaire.
Merci doc !
11:33 Écrit par Adeline dans Général | Lien permanent | Commentaires (6) | Envoyer cette note |
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18.05.2008
LA VIE EST UNE ENORME PIECE DE THEATRE … IL FAUT JUSTE BIEN CHOISIR SON ROLE !

Fin de ce blog ?
Je ne sais pas encore mais la source va commencer à se tarir tout doucement.
Petit état des lieux après pratiquement 7 mois d’abstinence !
Je suis dans les caisses jusqu’au plafond … nous déménageons samedi prochain dans une petite maison de rêves avec enfin une chambre pour chacun de mes fils.
Petit living/cuisine américaine mais hyper convivial, petit jardin avec terrasse pour les BBQ entre Amis et vue sur des champs.
J’attendais cette maison depuis un an et cette fois, c’est concrétisé, pesé, emballé et signé.
Une nouvelle vie, un nouveau départ.
La maison actuelle était MA maison, mon propre nid dans lequel j’ai fait entrer les enfants et MIF.
La nouvelle maison a été choisie à 4, NOTRE nouveau nid à tous.
Mon psychiatre :
J’avais annulé mon avant-dernier RDV parce que je n’avais vraiment rien à lui dire.
Le psy du Quotidien m’a alors remonté les bretelles prétextant qu’il y a toujours quelque chose à dire … rejoint par le psychiatre lors de la dernière entrevue à laquelle je suis quand même allée.
J’étais dans une forme olympique !
Je lui ai raconté par le menu et en riant l’explosion prochaine et annoncée de la cellule familiale entre ma reine mère et ma demi-sœur …
Les tribulations de mon frangin qui est rentré chez lui après avoir signé une décharge à Fond Roy et qui se saoule à nouveau avec une co-patiente qui le suit dans la picole, se drogue, se bourre de calmants à outrance et passe sa vie à s’ouvrir les veines.
J’ai trouvé un avantage non négligeable à cette autodestruction suicidaire : quand elle s’ouvre les veines, il y a du sang partout et donc, ils sont obligés de nettoyer l’appartement -> de cette manière, ledit appartement est bien entretenu et propre … c’est pas chouette ça ?
Vous savez quoi ? Je m’en fous complètement !
Ce n’est pas / plus mon histoire.
J’ai fait pour la nième fois ce que j’avais à faire pour l’aider, je ne peux vraiment pas faire son bonheur malgré lui.
Je racontais, je m’emportais, je riais … mon psy aussi … « vous devriez faire du théâtre Madame » !
Mais la Vie est une énorme pièce de théâtre doc !
Il faut juste bien choisir son rôle …
Et la « sentence » tombe à la fin de la séance : il y a eu beaucoup de chemin parcouru entre l’Adeline que j’ai vue débarquer hyper excitée et meurtrie début janvier et celle qui fait le singe aujourd’hui. Il est inutile de continuer à cette cadence, vous allez très bien et nous allons espacer les RDV !
Je termine, sur ma propre décision, les vendredis au Quotidien à partir de fin juin.
Je serai triste de tous les quitter mais ma place ne sera plus là.
L’alcool me révulse, me dégoûte, ne fait absolument plus partie de moi … c’est devenu un étranger, un ennemi sans aucun intérêt.
J’ai pris 4 à 5 kilos depuis mon sevrage mais cela m’est complètement égal : puisque c’est le prix à payer pour être lucide, ne plus tomber dans les plates-bandes, chercher pendant de longues minutes la serrure pour tenter d’y introduire une clé, m’accrocher comme une moule à son rocher au lavabo pour ne pas choir lorsque je me lave les dents, me réveiller avec la tête en quinconce, avoir le visage marqué … j’en accepte le prix de tout bon cœur.
Que de chemin parcouru depuis le 22 octobre, premier jour d’abstinence.
Que de découvertes sur moi-même, que de joies nouvelles.
La rechute est toujours possible paraît-il … je ne peux jurer de rien mais cela m’étonnerait très fort.
La vie est tellement belle.
A tous ceux qui me lisent et qui ont le même problème que moi, essayez fort !
Vous verrez que tout est possible si on le veut vraiment.
Il ne faut pas le faire pour les autres, faites le pour VOUS, pour votre propre respect.
Réapprenez à vous aimer parce que vous le valez bien comme disait le marchand de shampooing.
Bonne chance et sachez que je suis toute prête à vous écouter si vous avez envie de parler.
Et enfin, mon autre blog vous est ouvert : http://marivic.skynetblogs.be
Il n’est pas beaucoup alimenté pour l’instant par manque de temps et d’inspiration mais le sera très bientôt.
Sachez que je vous aime tous, même Jane que je dégoûte ;-)
Adeline
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28.04.2008
JARDIN SECRET
Il y a des choses que je partage avec vous.
D'autres pas.
C'est mon jardin secret !
Mais là, je vous laisserai juste entrouvrir la barrière pour y faire un tout petit pas et humer le merveilleux parfum du petit bouquet qui suit :
"Hier j'avais envie de te dire que tu étais belle sous tes cheveux coupés et que ton teint, ta forme, tes formes et ta pêche commencaient à refléter joliment les nouvelles harmonies de ton travail intérieur.
Voilà, c'est tout. Comme cela, pour une fois, t'es pas obligée de te féliciter toi-même et en silence pour entendre ce que tu aimerais que l'on te dise tout haut."
Reçu par mail de la part d'un Ami qui me suit de loin en loin dans ma démarche, avec lequel nous en parlons très peu, si pas du tout, mais qui veille, dans son petit coin.
Et cela me fait très chaud au coeur.
Merci Pierre.
16:05 Écrit par Adeline dans Général | Lien permanent | Commentaires (9) | Envoyer cette note |
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24.03.2008
FRUSTRATION

5 mois !
5 mois déjà que je n’ai plus touché à une seule goutte d’alcool.
Et d’aucun de me féliciter avec de grands sourires, de me faire des clins d’yeux complices, à la limite de se dire en me regardant « je ferais bien d’en faire autant » … génial non ?
Leur fierté se doit, se devrait d’être la mienne
Et pourtant !
Pourtant …
Oui ! C’est génial.
Oui ! Je me sens beaucoup mieux. Bien, très bien même.
Oui ! Je ne me lève plus jamais le matin avec la tête en quinconce.
Oui ! L’ambiance à la maison est parfaite.
Oui ! Plus de nervosité, d’agressivité, de paroles malheureuses échappées au travers de vapeurs de houblon ou de raisin.
Oui ! L’amour et la sérénité totale dans mes relations avec mes fils : l’aîné, quand il me quitte pour rejoindre ses copains ou sa chérie me gratifie pratiquement toujours d’un « au revoir maman, je t’aime » … vous en connaissez beaucoup des ados de cet âge qui, sans pudeur, lance cela à leur mère avant de partir taguer ou flirter, ou les deux ? Moi pas !
Et pourtant !
Frustration.
Voilà, le mot est lancé : FRUSTRATION
Parce que l’alcool, cette saloperie, me fait encore parfois envie.
Et cette envie sera toujours présente au fond de moi.
Je le sais.
Et heureusement que je le sais.
Quand cette pulsion s’éveille, je me dois de lutter.
Même au milieu des copains qui se prennent l’un un verre de blanc, l’autre une bière, la troisième un petit Pinot de Charente.
Et je suis là, souriante au-dessus de mon jus de tomates ou de mon tonic.
Et surtout, je suis frustrée.
J’aimerais tellement parfois, moi aussi, reprendre un petit verre.
Un tout petit, rien qu’un seul.
Ou deux, allez !
Mais je sais aussi que je ne pourrai m’arrêter à deux.
Parce que cette sale bête va se réveiller, ravie et conquérante, au plus profond de mon cerveau.
Saloperies de neurones, pieuvre éthylique et souriante de malheur.
Voilà ce que cela coûte d’avoir pécher par excès.
Plus jamais Adeline : l’excès a un prix et tu vas le payer toute ta vie.
Frustration.
Et si !
Et si un jour je me laissais aller ?
Et si je tournais le dos à la pieuvre et que je goûtais à nouveau le breuvage interdit ?
Frustration.
Adeline, tu n’es qu’une andouille … tous ces jours d’abstinences réduits à néant par envie, par vice, par stupidité, par faiblesse.
Voilà ce qui m’arrivera : de la culpabilité, du découragement, de la colère.
Frustration aussi, à nouveau.
La vie d’un(e) ex-alcoolique sera-t-elle toujours faite de frustrations ?
10:41 Écrit par Adeline dans Général | Lien permanent | Commentaires (7) | Envoyer cette note |
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11.03.2008
J'AI TOUS LES DROITS ... OU PRESQUE !

Ouf, … que de choses depuis mon dernier post.
Mon frère d’abord : pas vraiment envie de revenir là-dessus mais il est rentré à Fond Roy en hospitalisation complète et tout évolue bien.
Il a même refusé l’offre qui lui était faite de pouvoir passer une nuit chez lui le WE parce qu’il a peur de retomber.
Et puis, très égoïstement … : moi !
Des hauts et des bas depuis février mais pour l’instant, c’est le grand soleil.
J’ai subitement, il y a deux semaines, fait des crises d’angoisses.
Inexplicables, pas de raison tangible ni valable mais crises quand même.
Le psychologue du Quotidien, que je suis allée consulter très rapidement, prétend qu’il peut s’agir d’un effet secondaire à l’abstinence : avant, je me réfugiais dans l’alcool, à présent il y a probablement des choses bien enfouies qui remontent (même inconsciemment) et qui se transforment donc en angoisses.
Possible, je ne sais pas, mais excessivement désagréable à vivre et à gérer.
Du coup, je suis restée une semaine à la maison, j’ai dormi pire qu’une marmotte en pleine période d’hibernation et … j’ai bouffé des Xanax à la cuillère !
Pas bien Adeline, pas bien du tout.
Tellement pas bien que nous avons pris la décision, le psychiatre et moi-même de me désintoxiquer de cette crasse.
Vous voulez que je vous dise ?
IL EST PLUS FACILE D’ARRETER DE BOIRE QUE DE STOPPER LE XANAX !Véridique et vécu, mal mais je persiste dans mes décisions.
Du coup, mais est-ce lié ? – à discuter, j’ai à nouveau eu vendredi dernier une pulsion d’alcool. La langue qui appelait, l’envie irrésistible de consommer.
Vous voulez toujours que je vous dise ?
J’ai négocié avec moi-même et j’en suis restée au jus de tomate assaisonné au sel de céleri à la louche. Fort et efficace.
Dans la foulée, nous avons également eu un entretien mes enfants et moi-même au Quotidien avec la thérapeute familiale.
Je l’avais déjà rencontrée de par 3 fois et il était temps d’inclure mes gamins dans le processus d’autant plus qu’il me fallait verbaliser certaines choses vis-à-vis d’eux et je préférais le faire dans ce contexte là.
Très honnêtement, cela s’est superbement bien déroulé.
J’étais un peu anxieuse avant dans la mesure où, lors de notre séparation, leur père leur avait imposé cet exercice, sans même m’en informer, ce qui n’est pas très malin … et je ne ferai aucun commentaire désobligeant à son égard ici, ce n’est ni l’endroit ni le moment. Quoi que … ;-)
Soit !
Et au retour, grosse discussion animée mais sympa dans la voiture quant au fait que ces sales moutards veulent un chien.
Non, non, non et encore non !
C’est clair ?
Merci !
Et qu’a fait Adeline dimanche après-midi ?
Elle est allée chercher Noa, 8 semaines, petite boule de poils adorable, joli croisement entre un Berger Allemand et un Rottweiler.
Ben tiens ! Pourquoi se gêner ?
Quoi ? Il n’y a que les imbéciles qui ne changent pas d’avis et de toute manière, je ne me voyais franchement pas avec un Caniche ou un Bichon.
Maintenant, je suis curieuse d’entendre ce qu’en pensera mon psychiatre.
« Madame, auriez-vous des velléités de nouvelle grossesse en accueillant un nouveau ‘’bébé’’ dans votre bulle familiale ? »
« Doc, avec Noa, je ne devrai pas passer par les tables de multiplications, ni par l’accord du participe passé ! »
Et puis, n’ai-je pas le droit de m’offrir la double joie de voir mes enfants aux anges et de nous faire plaisir à tous ?
J’ai tous les droits … ou presque !
Foi d’Adeline !
11:24 Écrit par Adeline dans Général | Lien permanent | Commentaires (5) | Envoyer cette note |
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03.02.2008
PSHYCHANALYSE DE COMPTOIR

Après la mère, le retour du frère !
J’ai pété les câbles vendredi chez mon psy.
J’ai pleuré toutes les larmes de mon corps.
Je l’ai, le pauvre, engueulé et m’en suis aussitôt excusée.
Il me dit qu’il a l’habitude … chouette métier, vous en conviendrez.
Bref, que s’est-il passé ?
Mon frère, qui avait été transféré au 2 Alice contre son gré, a fumé un joint.
Pourquoi ?
2 raisons :
- le psychiatre de Ste Elisabeth est le psychiatre en chef des 2 Alice puisque ces deux hôpitaux font partie du même groupe. MAIS, les 2 Alice n’est pas précisément un hôpital spécialisé pour les pathologies de dépendance -> Léo s’est retrouvé dans l’aile psychiatrique avec les dépressifs graves, les suicidaires et, pour l’avoir vécu personnellement lors d’une halte dans le fumoir, peuplé de malades dont la grossièreté et la vulgarité poussées à l’extrême ne provoquent franchement pas même l’esquisse d’un sourire
- Léo s’y sentait perdu, pas du tout à sa place et s’est réfugié dans le cannabis tout en acceptant le sevrage d’alcool
Mais, quand on fume un joint, cela se voit … et le personnel médical l’a vu.
Mercredi matin, petit pipi dans le petit pot, petite analyse rapide de l’urine et jeudi midi, petite valise à faire manu militari pour être remis à la rue, aux bistrots, aux rayons alcools du petit Delhaize du coin.
Premier câble qui pète!
Non, non, non … pas ça !
Je reste calme et lui répète que s’il ne tient pas le coup, que s’il replonge, je le laisse tomber mais j’ai aussi au fin fond de moi une très grosse culpabilité si j’en viens à cette extrême.
S’il boit, je le « comprendrai » mais je sais aussi que je ne l’admettrai pas.
Mais il me fait toutes les promesses de la terre et m’annonce aussi avoir RDV ce mardi avec Fond Roy.
Naïveté ?
Réflexe de l’autruche ?
Je n’insiste pas trop lorsqu’il ne répond pas à mes coups de fils mais lui laisse des messages gentils, des encouragements.
Et ce dimanche après-midi, je vais le chercher chez lui pour lui permettre de passer un moment avec nous, au calme. Pour le soulager de sa solitude aussi.
Il entre dans ma voiture et je suspecte immédiatement une odeur d’alcool !
Le temps d’arriver chez moi, il est ivre mort, se casse la figure au milieu de la rue, ne parvient plus à mettre un pied devant l’autre.
Nous le portons au salon et je le jette dans le fauteuil !
Second câble qui pète.
J’ai piqué une colère monstrueuse, j’ai hurlé toute ma colère, toute ma rage, tout mon désarroi, toute ma déception.
Je tremblais d’exaspération, j’avais envie de le frapper, de le tuer.
Après une heure de discours inutiles, je l’ai ramené chez lui.
Il est retombé et j’ai très franchement regretté qu’il ne se soit pas pris le chambranle de la porte au travers du visage.
Je ne peux plus, je ne supporte plus, je me sens vide, vidée, anéantie et triste, tellement triste.
Mais il y a un fait nouveau : je ne veux plus culpabiliser.
Je n’ai pas de pouvoir sur SA vie.
Alors il faut que je cesse cette psychanalyse de comptoir.
Il n’écoute pas, il n’entend pas.
Sa vie est entre ses mains, ma vie est entre les miennes et s’il ne veut pas prendre celle que je lui tends, tant pis !
21:08 Écrit par Adeline dans Général | Lien permanent | Commentaires (9) | Envoyer cette note |
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25.01.2008
J’ADORE MON PSY
Ma mère … ah ma mère !
Tout un roman … ou plutôt une tragédie.
Sans rentrer dans les secrets de famille qui sont difficiles à porter et surtout à admettre, vous devez savoir qu’elle a développé vis-à-vis de mon frère (44 ans) une relation incestuelle, ce qui n’est pas la même chose qu’incestueuse.
Incestueux signifie qui relève de l’inceste avec passage à l’acte, incestuel signifie un amour et un attachement immodéré entre un homme et une femme liés par un degré de parenté mais au niveau psychologique surtout et sans passage à l’acte.
Ma mère a instauré et imposé à mon frère une dépendance par rapport à elle (affective, et surtout financière puisqu’il ne travaille pas et qui, selon elle, ne va quand même pas commencer maintenant à son âge), une dépendance qui finalement arrange bien mon frère, même si ma mère l’exaspère parfois au-delà de tout, il ne peut se passer d’elle.
Et son alcoolisme a été provoqué à 70% par ma mère, 20% par mon défunt père et 10% par facilité.
Bon, j’admets aussi que cette répartition est purement personnelle mais je ne dois pas être loin de la réalité.
Quand mon frère est ivre mort, ma mère est pour sa part ivre de rage mais cela l’arrange bien aussi parce que dès lors, il reste sous sa coupe, sous son bon vouloir à elle, dépendant d’elle !
Elle n’a jamais pu, ni surtout voulu, couper le cordon ombilical.
Cet état de fait me met dans des colères énormes et j’ai beau lui demander de cesser ce petit jeu malsain et de l’aider à devenir un HOMME sans sa maman, elle refuse de le comprendre.
Elle en est restée au stade maternel primaire.
Exemple le plus parlant ?
Le lendemain de l’hospitalisation de mon frère, il râlait parce qu’il ne pouvait se lever pour aller aux toilettes et que l’infirmière lui imposait une panne. Elle lui a alors gentiment demandé, et sans plaisanter en plus, s’il désirait qu’elle lui mette un lange …
Je lui ai immédiatement expliqué qu’il était plus que temps qu’elle sorte de la salle d’accouchement et qu’elle coupe enfin ce foutu cordon.
Quand elle reste emmurée dans ses positions, je la hais.
Lorsque pour la 1ère fois j’en ai parlé à mon psychiatre, il m’a fait le plus cadeau que jamais quiconque ne m’ait fait auparavant dans toute ma vie.
Il m’a demandé qui m’avait jamais dit que j’étais obligée d’aimer ma mère …
C’est une question qui m’est arrivée comme un énorme coup de poing dans l’estomac.
Il a poursuivi en me demandant si j’aimais tous les gens que je croisais, si j’avais été consultée avant d’être mise au monde …
Il a ôté en l’espace de 2 secondes cet énorme poids que je portais depuis si longtemps, il m’a déculpabilisée et m’a permis d’ouvrir toute grande cette porte libéralisatrice sur laquelle je butais sans cesse.
Mais bon sang, c’est tellement vrai !
Attention, ceci m’arrange bien entendu mais je peux surtout me libérer de ces fers qui m’entravaient la conscience, les obligations bien établies.
Je respire, je rayonne, je grandis encore un peu plus.
Je ne me gène plus non plus pour lui dire haut et fort ce que je pense, quitte à la bousculer psychologiquement violemment et j’ai pris une décision qui, je l’espère, lui fera somme toute prendre conscience de son erreur et de cette destruction (non voulue consciemment) qu’elle entretient avec de son fils.
Elle refuse de voir en lui un homme, elle refuse de le laisser grandir seul sans elle, elle veut garder auprès d’elle son bébé.
Et bien, pour la fête des mères, je vais lui offrir une poupée garçon… :
- qui parle (je t’aime maman)
- qu’il faut changer (comme elle le fait avec mon frère en inspectant sans cesse sa garde robe et en emportant tout ce qui lui semble sale)
- qu’il faut couvrir pour ne pas qu’il prenne froid (quand il était au cachot, elle a appelé la police pour leur demander s’ils avaient mis du chauffage dans sa cellule)
- qu’il faut nourrir (as-tu mangé mon chéri ? As-tu quelque chose dans ton frigo ? Veux-tu que je t’apporte de la nourriture ? Laisse-moi te donner la béquée !)
- qu’il faut abreuver (on remplacera alors la bouteille de vin qu’il tête, qui le rend soumis et dépendant non seulement à l’alcool mais aussi à sa maman chérie qui en définitive ne demande que cela)
Va-t-elle comprendre ?
Je ferai en sorte que oui, même si elle est, et sera, surtout vexée !
J’adore mon psy, sans faire de transfert, rassurez-vous !
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19.01.2008
BARDAF, C’EST L’EMBARDEE !

Les gens qui m’entourent sont admirables !
Vraiment !
Pendant toute la période durant laquelle j’ai été « en incapacité de travail » et sous le contrôle du Quotidien, tout le monde s’est bien tenu à carreau.
Mais, dès que j’ai repris le boulot et donc signifié mon retour dans cette société qui se dit normale, ils ont pensé : « Voilà, Adeline va bien, elle revient parmi nous et elle est donc apte à nous aider à nouveau ».
Sympa non ?
Le lundi 7 janvier, retour à la réalité avec également rentrée des classes pour les ados après 3 semaines de congé.
Vers 11h du matin, coup de fil de l’éducatrice de mon aîné pour m’informer qu’il ne s’est pas présenté de toute la matinée (alors qu’il avait quitté la maison à l’heure mais en râlant parce que « c’est inhumain d’obliger les jeunes à se lever pour aller à l’école quand il fait noir et qu’il pleut ». Ce à quoi je lui avais suggéré de négocier avec le Ministre de l’Enseignement d’adapter les horaires scolaires aux saisons … ;-).
Et pour m’informer aussi du fait que son professeur d’Arts avait demandé une entrevue avec le préfet, l’éducatrice et mon récalcitrant parce que ce dernier avait demandé au prof si « cela ne l’emmerdait pas de donner un cours aussi con » (sic)
Ca démarrait fort !
Mardi 8 janvier (mais non, je ne vais pas vous faire tout le calendrier, c’est juste pour vous situer dans le temps), je reçois le soir en rentrant à la maison un coup de fil de ma sœur me signifiant qu’apparemment mon frère est dans un cachot de dégrisement au commissariat de Braine L’Alleud.
Renseignements pris auprès de ma mère, qui hurle dans le téléphone et que je remets aussitôt dit - aussitôt fait à sa place, je décide d’aller chercher l’alcoolo moi-même et de le ramener chez lui.
Vision apocalyptique de mon frangin, en slip (il s’était uriné dessus dans son jeans), titubant dans sa cellule, cherchant désespérément la chasse d’eau et incapable d’aligner deux mots cohérents.
Nous l’installons dans ma voiture et je constate un delirium tremens avec hallucinations !
OK, c’est bien parti mais je gère.
Il n’avait plus mangé depuis une semaine, vomissait toute nourriture, avait perdu pas loin de 10 kg depuis notre dernier repas à Noël, ne savait plus marcher, souffrait de spasmes dans les muscles des cuisses, troubles profonds de la vue … un cadavre semi-ambulant.
Il a refusé de suivre les ambulanciers que j’avais appelés.
Je ne savais plus que faire, si ce n’est rentrer chez moi (il était passé 22h) pour m’occuper de mes propres enfants et me coucher.
J’ai négocié avec lui, une fois dessaouler, pour lui faire admettre de se faire hospitaliser.
Et le jeudi 10, après 48h de discussions, il a enfin accepté de rentrer en urgence à l’hosto !
Bien nous en a pris : il n’avait plus du tout de potassium dans le sang et allait droit à l’infarctus dans les 24 à 48 heures ! Sans compter les problèmes hépatiques que signalait la prise de sang + un œsophage en sang, un estomac bousillé et j’en passe.
Je vais tous les jours après le bureau le voir à l’hôpital, lui parler et il est d’accord pour entrer en cure.
Il va mieux, il remange, il remarche, et nous attendons la visite du psychiatre pour effectuer son transfert soit à Fond Roy, soit à la Ramée … j’espère la semaine prochaine.
Ca va ? Vous suivez ?
Attendez ! Ce n’est pas tout.
Cette semaine, tôt le matin, je reçois des mains d’un policier une convocation, toujours pour le Récalcitrant suite à une de ses interpellations pour tags.
Mon propre fils a déjà été enfermé en cellule dans 3 commissariats différents de la Capitale !
Je pense que je vais proposer à mon frangin et à mon aîné d’écrire un petit guide des meilleurs cachots de Bruxelles et du Brabant Wallon.
Un peu comme un Michelin ou un Gault & Millau mais à la place des fourchettes ou des toques, des barreaux … qu’en pensez-vous ?
Ils sont gentils dans le fond et ont une bonne mémoire : Adeline a les épaules larges et on peut toujours compter sur elle !
Ceci dit, je gère mais je mets à présent des priorités : MOI d’abord et dans la foulée, je mets au programme les cas les plus urgents.
Qu’on se le dise …
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03.01.2008
LE PETIT NICOLAS

CA, c’est fait aussi !
Quoi ?
Mais ces fêtes idiotes pardi !
Noël s’est bien passé – le Nouvel An aussi.
Nous avions un réveillon prévu qui a été annulé le matin même et, très sincèrement, j’en étais ravie.
Depuis que j’ai quitté le Quotidien, j’ai une envie furieuse de rester chez moi, au chaud, dans mon nid douillet !
Transition probable entre cette thérapie et le retour au bureau.
Ce matin, nous avons enlevé et jeté par la fenêtre le sapin de Noël !
Mais noooooooooooon, nous n’habitons pas au 6ème d’un immeuble en bordure de chaussée !
D’habitude, je défaisais le sapin dès le 2 janvier.
Cette année, j’ai attendu le 3 … vous avouerez que je m’améliore avec le temps, non ?
Bon, il est vrai aussi qu’il commençait à avoir une fâcheuse tendance à pencher, non pas vers le mur mais plutôt vers le salon.
Donc, CA, c’est fait aussi !
Le Nouvel An ?
A trois : mon fils cadet, Mon Incroyable Fiancé (MIF pour les intimes) et moi … assis par terre autour de la table du living à déguster des huîtres.
OK, les huîtres avec du Kidibul, ce n’est pas le top mais je vous jure que l’on s’y fait ;-)
L’aîné était sorti avec des copains et m’a fait la grande surprise de ne pas rentrer encadré par la maréchaussée, ce qui est quand même un beau cadeau pour débuter l’année, vous en conviendrez avec moi.
.
Il est vrai qu’ils étaient tous rassemblés sur la Grand Place pour fouiller les touristes et jeter par terre ceux qui avaient la mauvaise idée de faire exploser les quelques pétards qui avaient échappés à leurs fouilles.
Ou alors, ils organisaient des lâchés de ballons le long des routes, c’est selon !
Pour ma part, finalement, et je ne veux pas faire dans le sensationnel ou le sentimental, la seule chose importante à mes yeux était de savoir si oui ou non, ces pauvres otages étaient enfin libérés par les Farcs.
Et que nenni !
On n’en parle même plus aux News.
Mais rassurez-vous, le petit Nicolas accompagné de la grande Carla va faire un malheur et nous les ramener tous dans les mois qui viennent, ce que je souhaite en plus.
2008 commence, enfin !
J’ai plein de rêves dans les yeux et je vais y arriver, foi d’Adeline.
Demain, je rencontre mon nouveau psychiatre pour la 1ère fois.
Je vous tiens au courant !
Eh … bonne année quand même à tous.
15:02 Écrit par Adeline dans Général | Lien permanent | Commentaires (9) | Envoyer cette note |
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29.12.2007
CARABISTOUILLE

Et voilà, c’est fini !
Enfin, en ce qui concerne le Quotidien 5 jours sur 7.
Vous voulez que je vous dise ? Il était temps !
Je vous explique : deux mois full time, entre les thérapies de groupe et les activités avec les ergothérapeutes … excessivement enrichissant.
Comme certains me l’ont dit hier après-midi lors de mon départ, j’y ai fait un travail très complet et très abouti. Je me répète : je me sens super bien, sereine, calme et vraiment prête à réintégrer la vraie vie, avec ses problèmes, ses stress, ses joies aussi.
L’alcool est un souvenir et doit rester un souvenir.
Je suis consciente que je ne serais pas parvenue à passer à travers ces deux premiers mois d’abstinence en restant dans le train de la vie ordinaire.
Il me fallait cette plage en dehors du temps… mais cette plage ne me convient plus à présent.
Pourquoi ? Parce que je ne supporte plus les côtés infantilisants qui nous sont parfois imposés au centre.
Que s’est-il passé ?
Jeudi, alors que durant cette période de fêtes beaucoup de membres du corps médical sont en congé (ce qui est tout à fait justifié et normal), au lieu de nous consulter pour nous demander ce que nous aimerions faire, dans les limites des règles établies bien entendu … « les enfants », nous allons faire des jeux de société !Pardon ? Des quoi ?
J’essaie de négocier au nom, je le précise bien, de tous les patients et reçois un refus catégorique, sans aucune possibilité de dialogue.
Je suis sortie de mes gongs, j’ai déversé ma colère sur l’assistante sociale et j’ai claqué la porte parce que j’estimais que ces jeux de société étaient une perte de temps, une manière de nous occuper en attendant la sonnerie de la fin de récréation.
J’avais mieux à faire : j’ai bossé 3 heures pour le bureau !
Imaginez ma tête !!! Je pense très honnêtement que là, on se fout carrément de ma gueule !
Mais, j’ai alors la possibilité de dialoguer avec la psy qui me dit que manifestement, je suis vraiment prête à partir, que j’ai effectivement le droit d’exprimer ma colère et que je dois aussi accepter les frustrations.
Oui ma petite poulette, j’accepte les frustrations puisque ce sont elles, entre autres, qui nous aident à nous construire mais là …
Soit. Bon prince ne s’adaptant pas à mon cas, j’opte pour bonne princesse et accepte à la condition de pouvoir me lever et partir comme une enfant gâtée si la récréation ne me convient vraiment pas.
Ce que je n’ai pas fait par respect pour mes petits camarades de jeu.
C’est donc fini.
J’ai ramené mon adorable petite Yvonne qui avait les larmes aux yeux en me quittant (moi aussi …) et back to the reality !
Je ne suis pas guérie au sens strict du terme parce que l’alcoolisme est une pieuvre dangereuse qui se cachera toujours au plus profond de moi-même pour essayer de resurgir et de m’entraîner à nouveau dans ses bras mais je suis prête à la repousser … ce qui était le but du jeu : un autre jeu de société en fait !
Sur ces bonnes paroles, je vous souhaite à tous un joli réveillon et vous retrouve en 2008 pour la suite de cette « quête du Graal ».
Je vous embrasse très affectueusement et amicalement.
Adeline
12:34 Écrit par Adeline dans Général | Lien permanent | Commentaires (8) | Envoyer cette note |
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25.12.2007
RETOUR DANS L’ARENE

Et voilà … encore 3 jours au Quotidien, une petite semaine à la maison avec les mômes et je retourne au bureau.
Parce que le Quotidien n’est pas le quotidien !
Parce que de toute manière, les enfants continueront à faire des conneries, parce que j’aurai encore des pulsions d’alcool, parce que je dois retourner vers la vraie vie !
Mais je n’en ai plus peur.
J’ai rencontré des gens extraordinaires et jamais je ne les oublierai.
Je vais bien, je me sens sereine et je retournerai aussi près d’eux, dans un premier temps, tous les vendredis pour le groupe « dépendance ».
Je commence également une thérapie avec un psychiatre à partir du 4 janvier.
Juste que dès la première consultation, je mettrai bien les choses au point avec lui :
- s’il joue la méthode « moi je me tais et vous, vous parlez », autant cesser tout de suite. J’ai besoin d’avoir en face de moi quelqu’un qui communique, sinon c’est inutile… mon miroir fera alors très bien l’affaire et me coûtera moins cher ! Bon, mon miroir va avoir du mal à me faire des ordonnances mais j’ai des combines si nécessaire.
- ce psy aura intérêt à avoir de la personnalité, parce que si je me rends compte que je prends le dessus sur lui, j’irai très vite raconter mes galères ailleurs.
Mais si ces conditions sont remplies, alors je plonge dans le passé et j’exorcise enfin.
Pour le reste, j’ai passé le réveillon de Noël de façon magnifique.
J’avais invité chez moi toute la famille, chose qui ne s’était plus faite depuis de très longues années et également Olivier.
Olivier est au centre avec moi, pour la même pathologie.
Vendredi dernier, lors d’une pause cigarette, il nous avait dit qu’il était seul pour le réveillon !
Mon foutu côté « St Bernard, je vais sauver la planète et pour commencer les esseulés » a immédiatement parlé et je l’ai invité à se joindre à nous.
8 adultes, mon ado de 15 ans et les enfants de ma sœur : 11 personnes dans ma maison lilliputienne mais nous avons tous trouvé notre petite place.
Mon frangin est arrivé déjà bien lesté et a eu droit à du Stassen sans alcool en attendant les autres.
J’avais fait le « cadeau » d’acheter 2 bouteilles de mousseux et deux bouteilles de vin blanc pour les amateurs – ni plus, ni moins.
Personne n’a eu un goût de trop peu sauf mon frère mais cela n’était pas plus mal.
Olivier et moi avons carburé au même Stassen. Je ne sais pas si cela lui plaisait beaucoup mais il n’avait pas le choix avec moi – je n’allais quand même pas lui donner de l’alcool et il n’a pas osé le demander non plus.
Il est vrai que je suis beaucoup plus déterminée que lui, qu’il ne se cache pas pour dire qu’il n’est pas encore certain de vraiment vouloir arrêter cette crasse mais là, c’était no way !
Bref, un réveil ce matin en pleine forme, sans la tête en quinconce ni la tronche en biais et l’envie de souhaiter à tous (l’Indien, Marirose, Syl, Inès, Nanny, Cœur d’enfant, Chevaljak, Amadeus, Anita, Philippe,
Je vous embrasse toutes et tous avec beaucoup d’amitié et de remerciements.
A tout bientôt.
Adeline
16:13 Écrit par Adeline dans Général | Lien permanent | Commentaires (5) | Envoyer cette note |
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15.12.2007
COLERE

Quelle semaine !
Mon fils aîné tout d’abord : 18 ans, beau comme un Dieu, intelligent mais aussi fainéant et rebelle.
Il ne parvient pas encore à se situer : suis-je encore un ado, suis-je déjà un adulte ?
Le côté ado nous donne droit à des discours caricaturaux quant à la nullité de la société, l’imbécilité de la même société de consommation (là, il n’a pas tout à fait tort), l’incompréhension de devoir travailler et j’en passe.
Le côté adulte se caractérise pratiquement et uniquement quant au fait qu’il a 18 ans et qu’il fait ce qu’il veut.
C’est effectivement une façon de voir les choses.
Sauf que quand je parle avec lui de la nécessité de respecter les règles et que j’essaie de lui faire comprendre qu’il trouvera toujours plus fort que lui, que ce soit en terme de professeur à l'école, d'un patron plus tard ou encore de police pour ne fut ce que faire appliquer les lois , je passe pour une profonde demeurée qui n’a rien compris à la vie.
C’est encore une autre façon de voir les choses, mais je ne suis pas persuadée que ce soit la meilleure.
La preuve ?
Jeudi dernier, fin des examens et Monsieur ne rentre pas et ne prévient pas, chose inhabituelle.
A 23h30, il arrive enfin mais avec un taxi particulier puisque accompagné de 3 policiers.
Alors qu’il s’était déjà, de par un passé très récent, fait prendre en train de taguer en pleine rue et qu’il avait passé deux heures au cachot, il a remis cela dans une usine désaffectée.
Arrêté à 16h, il a passé un peu plus de temps encore au ballon et, c’est accompagné, qu’il est revenu parce que les forces de l’ordre voulaient fouiller sa chambre.
Je donne mon autorisation… et ils redescendent avec 3 sacs plastique de +/- 10 x 10 cm plein de cannabis !
Je ne vous décris pas ma tête, inutile me semble-t-il et je remercie silencieusement l’inventeur du Xanax.
Résultat des courses, ils ont réembarqué l’ado/adulte, menottes aux poignets.
Je n’ai pas bronché, je n’ai pas crié, je n’ai pas pleuré, je n’ai pas ri non plus … je suis restée totalement calme, mieux, impassible !
Et aussi ironique, mais avec une belle colère dans le ventre !
Autre contexte : fête de fin d’année du bureau.
Je suis partie depuis le 5 novembre dernier, sans avoir donné d’explications précises à 95% du personnel et c’était donc nos premières retrouvailles.
Inutile d’entrer dans des détails qui n’intéresseront de toute manière personne mais, lorsque je me suis installée à table auprès de collègues, l’une d’entre elles, sachant pour sa part la raison de mon absence m’a dit : « oui, bonne idée, viens près de nous comme cela, je pourrai te surveiller par la même occasion » …
Je n’ai pas apprécié, mais alors pas du tout !
Qui peut s’octroyer le droit de me surveiller ?
PERSONNE !
Moi SEULE ai le droit de me surveiller !
J’ai cherché SEULE sur internet un centre de jour.
J’ai fait les démarches pour entrer au Quotidien SEULE.
Cette cure, et cette thérapie, je suis SEULE pour les assumer parce que c’est MON choix.
Je n’ai pas le droit d’empêcher les autres de vivre comme ils le veulent mais par contre, je ne tolère pas que quiconque se permette de ME surveiller.
Et là, je suis vraiment très en colère !
Et surtout, j’en ai parfaitement le droit !
19:43 Écrit par Adeline dans Général | Lien permanent | Commentaires (10) | Envoyer cette note |
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09.12.2007
BOURRES COMME DES COINGS !

En pleine forme …, je suis en pleine forme !
Bon, les nuits ne sont pas encore parfaites mais j’ai retrouvé la pêche et je recommence à faire le singe.
Par contre, côté adaptation aux soirées avec les autres qui sont bourrés comme des coings, j’ai encore du mal. Je les fuis même.
Depuis que j’ai recommencé le modelage au centre, je n’arrête plus.
Cela me vide tellement la tête et me permet aussi de préparer mes cadeaux de Noël à moindre frais tout en m’amusant.
Remarquez que si cela continue, je finirai par devenir aussi célèbre que la mère Camille (du moment que je ne deviens pas complètement folle comme elle, je tiens le bon bout ;-) !
Merci en passant à ce bon Dr Kinnen qui m’a rendu des pouces opérationnels après 2 ans de souffrance.
Pour le reste, tout se passe toujours aussi merveilleusement au Quotidien et je découvre au fur et à mesure des femmes qui, au départ m’énervaient et qui en bout de course, lors de thérapies de groupe, s’ouvrent.
Sylvie par exemple.
Une femme agressive parfois, sans raison apparente.
Lors de notre atelier « Paroles de femmes », je balance tout à coup sur le sujet choisi : la colère.
Je raconte, je dissèque, je tempête, je la déverse, MA colère !
Emportée dans la foulée, Sylvie enchaîne et nous raconte sa, ses blessures en pleurant.
Merci Sylvie.
Merci parce que tu t’es enfin lâchée et qu’à présent nous pouvons toutes te comprendre mieux sans te juger sur une première impression.
Une nouvelle recrue aussi dans notre groupe dépendance : Ludovic.
Ludovic a 24 ans et est alcoolo de chez.
3ème jour sans une goutte et le voilà honteux parce qu’il tremble en mangeant son potage.
Lors de la discussion de groupe, il prend soudain la parole et ne la rend plus.
Il parle, il parle, il parle et nous l’écoutons jusqu’à plus soif (joli, non ?)
Ludovic nous a quitté vendredi fin d’après-midi en priant pour que son WE se passe sans accrocs … nous verrons demain mais de toute manière, il sait à présent que nous sommes à son écoute.
Solidarité … !
15:42 Écrit par Adeline dans Général | Lien permanent | Commentaires (5) | Envoyer cette note |
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02.12.2007
UN ROC ?

Et voilà : 6 semaines aujourd’hui !
C’est curieux comme je compte le temps un peu comme quand j’étais enceinte.
Parallélisme entre une renaissance et le fait de donner la vie ?
Vivre et revivre !
Semaine épuisante.
Pas vraiment d’un point de vue physique parce que je n’ai pas été nommée non plus chef de chantier à la construction de la nouvelle aile de Fond Roy, avec truelle et visseuse électrique à la main … non !
Mais travail psychologique intense.
Discussions profondes, interpelantes, dérangeantes parfois aussi.
- Quelle image avions-nous d’un psychiatre avant d’entrer au Quotidien ?
- Qu’évoque le nom « Fond Roy » auprès des personnes que nous côtoyons ?
- Osons-nous parler de notre pathologie ?
- L’image d’un homme alcoolique n’est-elle pas plus « admise » que celle d’une femme alcoolique ?
- La dépression n’est-elle pas plus une maladie féminine et du coup incompréhensible venant d’un homme en souffrance? N’a-t-il pas aussi le droit d’être mal ? Doit-il encore et toujours être fort tel l’homme de Neandertal qui partait chasser le bison et qui se devait de rester imperturbable – un Homme enfin madame, un Homme, un vrai !
- Pourquoi le groupe « dépendance » auquel j’appartiens est-il mal jugé par les autres patients ? (Là, croyez-moi, je m’en contrefous complètement !)
- Les médicaments ! Comment chacun de nous perçoit-il cette autre dépendance ?
- …
Deux autres moments forts :
- « Paroles de femmes » : tiens, Marie-Noëlle, tu t’es maquillée ! Cette constatation pourrait vous paraître futile, mais pourtant … Marie-Noëlle recommence tout simplement à s’aimer et prend soin d’elle. Et c’est une toute jolie victoire sur elle-même. Et cela se voit dans ses yeux, dans sa façon de se tenir : elle ne rentre plus sa tête entre ses épaules à la manière d’une petite tortue. Elle se redresse, regarde les autres en face et … sourit ! Bravo Marie-Noëlle !
- Groupe dépendance justement. Séance silence ! Pas un son, un mot de permis. Une énorme feuille mise sur la table, chacun prend de quoi écrire et un mot au centre de la page : émotions. Chacun y réagit à sa manière avec au départ quelques termes tels que souffrance, lutte, besoin d’amour, de compréhension, mort, colère, peur. Mais petit à petit, de vrais dialogues s’installent entre certains par le biais de l’écriture. Et un nouveau miracle me saute aux yeux : André, qui d’habitude subissait ces discussions sans dire mot, se met à écrire, écrire, écrire, dessiner aussi. Les émotions (justement) se lisent sur son visage. Enfin ! Il était temps André ! Nous terminons sur un goût de « trop peu » mais l’énorme feuille ne nous offre plus aucune place pour y inscrire encore nos états d’âme. Au départ, elle tournait lentement – à la fin, tout le monde écrivait en même temps, vite … réactions en chaîne et machine qui finissait par s’affoler tant tout devenait tellement rapide. Submersion de sentiments ?!
J’ai profondément vécu une semaine épuisante.
J’ai mis un mois pour cesser de ne m’intéresser qu’aux autres, de les observer, d’aller vers eux.
Je vous promets que je ne vous/me raconte pas de bobards : dès le matin, lorsque je disais bonjour en souriant à tous mes petits camarades, j’entendais : « tu es toujours gentille », « toi, tu es forte, un vrai roc ! ».
SVP, cessez de me dire cela.
Vous qui êtes au Quotidien, ou VOUS qui me côtoyez depuis toujours, sachez que je donne une image qui peut parfois être tronquée.
Ce n’est pas parce que je symboliserais pour vous la force que nécessairement je le suis.
Juste que je me cache pour pleurer, péter les câbles parce que je refuse de montrer mes faiblesses – et pourtant elles existent, croyez-moi sur parole.
La preuve ?
Je commence à leur montrer ce visage que je cache depuis si longtemps … derrière un maquillage ???
Autre bonne nouvelle : je rempile pour un mois au Quotidien.
Egoïstement, je vais donc regarder à présent mon nombril.
12:32 Écrit par Adeline dans Général | Lien permanent | Commentaires (7) | Envoyer cette note |
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23.11.2007
EXPERIENCE DE VIE

Et voilà une nouvelle semaine qui s’achève.
Je ne vous ai pas été très fidèle ces derniers jours mais, lorsque je rentre du Quotidien, je coince mon fils pour le faire étudier, ce qui me prend un certain temps vu le peu d’enthousiasme qu’il développe par rapport à cette activité de fin de journée.
Fatiguée aussi parce que j’ai eu 3 nuits blanches consécutives … pourquoi ?
Je ne sais pas mais je pense que ces insomnies pourraient être une résultante de l’énervement qu’engendrent ces bras de fer studieux entre le gamin et moi.
Je reste extérieurement très calme mais cela bouillonne en moi.
Et, alors que depuis quelques jours je me contentais de 2 Campral le matin, les autres étant systématiquement oubliés, j’ai recommencé à en prendre le soir.
J’en conclus donc qu’énervement ou stress = appel d’alcool, ce qui ne m’étonne guère dans la mesure où avant (c’est gai de dire ou d’écrire « avant »), je me ruais sur l’alcool pour me calmer.
Ceci dit, je tiens toujours le coup !
Au Quotidien, la semaine a été calme en ce qui me concerne.
De bons échanges, des discussions enrichissantes et constructives, des activités sympas.
Par contre, au niveau des autres patients, beaucoup de coups de blues, de révoltes.
Mais tout le monde s’entraide de manière spontanée et cette solidarité est vraiment belle à voir et à vivre !
Lundi, alors que nous étions au cours de modelage, j’ai fait une réflexion à Karim comme quoi il commençait enfin à s’ouvrir aux autres.
Sa réponse m’a laissée sans voix : « oui, je sais. Et c’est grâce à toi et à Sandrine ».
Le lendemain, j’ai voulu revenir sur cette réflexion et lui ai dit que je n’étais pas d’accord avec cette affirmation dans la mesure où c’était lui qui acceptait de s’ouvrir et que si cela avait été le cas contraire, malgré Sandrine et moi, il ne l’aurait pas fait…
Mais Karim me dit se sentir bien parmi nous, en confiance et que cela ne lui était plus arrivé depuis longtemps.
Lundi toujours, nous avons accueilli une nouvelle patiente : Anne.
Anne était très nerveuse en arrivant le matin, angoissée même.
Nous avons fait de notre mieux pour la mettre à l’aise et en fin de journée, lors de la clôture, elle se sentait bien, disant de surcroît à la psy qu’elle avait rencontré beaucoup de sourires lors de cette première journée.
C’est cela qui est merveilleux au Quotidien !
Outre le fait que j’y sois pour une thérapie personnelle, c’est une expérience de vie magnifique d’un point de vue humain.
J’en viendrais presque à remercier le ciel de m’avoir amenée là.
Bref, tout va bien … J
18:15 Écrit par Adeline dans Général | Lien permanent | Commentaires (6) | Envoyer cette note |
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19.11.2007
SERVICE PSYCHIATRIE – UNITE D’ALCOOLOGIE

Voilà des mois que je ne l’avais vu.
La dernière fois, c’était l’hiver dernier.
J’étais venue le chercher pour l’emmener au restaurant.
Histoire de parler beaucoup et d’essayer de le nourrir un peu.
J’avais du le porter sur mon dos de l’entrée de son immeuble à ma voiture tellement il était faible … et déjà un peu bourré aussi.
Voilà des mois que je ne l’avais vu.
Et je ne l’avais pas reconnu tout de suite non plus.
Visage rougeaud, bouffi, bouffé.
Maigre comme un clou.
Pas l’ombre d’une lueur dans les yeux.
Des yeux tristes et absents.
L’élocution malaisée de par les calmants qui lui étaient administrés.
La démarche hésitante et lente.
Ce n’était pas beau à voir.
Nous nous étions installés dans le fumoir, avec les autres.
Ils se ressemblaient tous.
Ils avaient tous le même faciès, la même allure, la même histoire, la même détresse.
Il me redécouvrait un peu. Je lui avais parlé de mon quotidien, de mes soucis et de mes joies.
Il ignorait beaucoup de moi, simplement parce que son quotidien à lui n’était fait que de recherche d’ivresse, un travail à temps plein… !
Il avait fallu ces 4,8 gr et l’Eau de Cologne pour qu’enfin il demande lui-même de l’aide.
Moi, je n’en pouvais plus d’essayer de l’aider depuis longtemps parce que j’avais l’impression de me taper la tête contre un grand mur de béton. Et ça fait mal un mur de béton. Dans la chair, mais dans les tripes aussi.
Voilà 2 semaines qu’il était là.
Peu à peu, ce visage chéri reprenait forme, se défroissait, se dépliait, revivait.
Ses yeux s’étaient rallumés.
Ils avaient diminué les calmants et la langue se déliait.
Il souriait même.
Et surtout, il faisait des projets.
Mais il avait peur, très peur de « dehors ».
Parce que quand on n’a plus de boulot, pas de quoi s’occuper les mains ni l’esprit, le chemin vers la dive se retrouve très vite.
Et il a fallu la 1ère sortie autorisée pour foncer prendre un verre.
Il est expulsé de l’hôpital !
J’ai beaucoup souffert devant ton autodestruction.
J’ai souffert de te ramasser, de te porter et de te supporter.
J’ai souffert de bramer à vide dans ta distillerie.
Cela aurait été merveilleux d’apposer le mot « FIN » sur ce passage de ta vie et d’entamer à 4 mains le livre de ta nouvelle existence d’homme libre.
Tu ne crois pas ?
Je t’aime Léo, mais cette fois, je démissionne !
J'ai écrit ce texte il y a trois ans je pense. Il s'agit de mon frère... comme quoi ! Si je n'avais pas ouvert les yeux, j'aurais certainement fini comme lui. Et c'est lui à présent qui m'appelle souvent pour prendre de mes nouvelles, lui qui n'en est toujours pas sorti et qui ne s'en sortira probablement jamais ...
20:14 Écrit par Adeline dans Général | Lien permanent | Commentaires (8) | Envoyer cette note |
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18.11.2007
CADEAU
Halil Faïk
WE on ne peut plus calme.
Je n’ai pas mis le nez dehors depuis vendredi soir.
J’avais envie de cocoon, de rester au chaud, de regarder un DVD, de me faire plaisir.
Hier soir, mon amie Mireille est venue se joindre à notre intimité familiale pour le souper et une petite partie de Buzz musical.
Rien de particulier si ce n’est qu’elle avait apporté son vin blanc et que le Phil a de son côté acheté une bouteille de rouge.
Le blanc de Mimi ne me dérangeait nullement dans la mesure où il était au frais dans le frigo mais la vue de la bouteille de Phil a été plus difficile pour moi.
Pourquoi, alors que lorsque nous sommes toute une tablée, le défilé des flacons me laisse-t-il indifférente ?
Je n’ai pas flanché mais lui ai demandé ce matin de ne plus réitérer cela à l’avenir.
Cet après-midi m’a par contre apporté une joie infinie.
J’avais depuis quelques mois, dans un coin, un bloc de terre pour faire du modelage et j’avais décidé de traîner en tenue cool pour la travailler en fonction d’un modèle superbe sortant d’un catalogue de cet artiste que j’aime tant : Halil Faïk.
Mon plus jeune fils était, à l’époque où je prenais des cours, venu avec moi à plusieurs reprises parce qu’il adorait cela et la toute dernière fois que nous avions sculpté ensemble remonte à un peu plus de deux ans, le jour exact de ses 13 ans.
… le jour même où son papa, alors que nous étions au cours, est mort.
Depuis, il n’avait plus jamais touché à la terre.
Et aujourd’hui, alors que j’étais calmement attablée et concentrée, il est venu s’installer en face de moi et s’y est remis.
Cadeau !
21:31 Écrit par Adeline dans Général | Lien permanent | Commentaires (3) | Envoyer cette note |
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17.11.2007
QUEL IMBECILE !
Pourquoi ce titre ?
J’y arriverai !
Vendredi très constructif au Quotidien.
Matinée « Peinture sur soie » - je sens que je vais y prendre goût.
Mais surtout, après-midi de discussion dans le groupe « dépendance ».
Je suis revenue sur les propos de
J’ai exprimé le mal-être que j’avais ressenti en entendant cela.
Plus qu’un mal-être du reste : de la révolte, du déni, du désespoir même dans une certaine mesure.
La discussion de groupe s’est donc immédiatement articulée autour de ceci et les témoignages divers que j’y ai reçus m’ont apaisée.
Rechutes possibles ? Oui ! Mais pas obligatoires.
Savez-vous que lorsqu’un alcoolique entre en cure complète en hôpital pour les 3 semaines de base, la direction médicale lui dit d’emblée qu’il y a 95% d’échecs ?
Bonjour la motivation. C’est scandaleux !
Oui mais … non !
Parce que les patients ont de toute façon la possibilité de demander 3 semaines de plus, ce qui tendrait à prouver leurs motivations.
Tout cela est vraiment difficile, croyez-moi et, en définitive, dépend de chaque cas.
Je VEUX ! Je le fais jusqu’au bout.
Je VOUDRAIS ! Voilà une autre approche des choses.
A chacun sa croix, comme disait l’autre !
L’imbécile ?
J’y suis.
J’avais une soirée anniversaire hier et je m’y suis rendue avec une bouteille de Stassen sans alcool aux fruits rouges et une bouteille de jus de fruits.
Le Stassen est génial parce qu’il goûte le Kirr sans le moindre pourcentage d’alcool dedans.
Au menu : huîtres, saumon fumé et foie gras.
Donc … vin blanc à volonté, ce qui n’a gêné quiconque, ni moi du reste.
J’ai gentiment descendu mon pseudo Kirr et entamé par après la bouteille de jus.
Gilles, que je ne connaissais pas et qui toute la soirée avait été excessivement critique à tous égards m’a regardée et m’a dit, je cite : « tu vas arrêter avec tes conneries toi et ton jus de fruits ? »
Je n’ai pas bronché. Pourquoi répondre ?
Parce qu’aussi, si je répondais, cela aurait tourné au vinaigre … ceux qui me connaissent pourraient en témoigner.
« Passer pour un idiot aux yeux d’un imbécile est une volupté de fin gourmet » (Courteline)
Fin gourmet je suis aux travers de ces mets présentés et que j’adore, mais là, c’était l’apothéose, le feu d’artifice de l’année.
(Remarque : juste une petite parenthèse –
16:28 Écrit par Adeline dans Général | Lien permanent | Commentaires (5) | Envoyer cette note |
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15.11.2007
J’AI CRAQUE

Ca y est, j’ai craqué !
Non, non … que le banc et l’arrière banc ne s’affolent pas outre mesure !
Je ne me suis pas enfilée tout un rayon de Bordeaux au Delhaize ni fais la tournée des grandes duchesses pour goûter le Beaujolais nouveau (qui, soit dit en passant selon la radio, est cette année – comme toutes les autres années pour ceux qui suivent cette révolution annuelle dans le monde de l’œnologie de haut vol – est donc très fruité)
J’ai enfin pleuré.
Pourquoi ?
Parce que, comme le disait mon psychologue référent, je suis à un énorme tournant de ma vie et que les gens qui m’entourent ne comprennent pas nécessairement mon état d’esprit, le fait que j’ai vraiment besoin que l’on me foute la paix, que j’ai besoin aussi de parfois m’isoler, même si je suis en société ou en famille.
Est-ce parce qu’avant je pouvais me montrer agressive, nerveuse, épidermique et donc, dans une certaine mesure inaccessible alors qu’aujourd’hui je suis d’une calme permanent et serein ?
Toujours est-il que subitement, certains sont en demande perpétuelle d’attention, de tendresse.
Je me sens vampirisée, envahie alors que je ne demande qu’une chose : laissez-moi faire mon chemin.
Les heures passées au Quotidien sont loin d’être stressantes, bien au contraire.
C’est vraiment un cocon sécurisant et chacun, en dehors des thérapies de groupe, choisit les activités qu’il désire faire, ceci dans ambiance de sérénité totale.
On ne peut donc pas dire que nous quittons le centre hyper stressés ou nerveux.
Et pourtant … je suis épuisée.
Lorsque j’ai fait tout ce qu’il m’est obligatoirement demandé de faire en temps que maman (courses, repas, « as-tu fait tes devoirs, « va prendre un bain », lessives et autres activités hautement intellectuelles et épanouissantes mais malgré tout incontournables), je plonge dans un bain et je me couche le plus tôt possible.
Du coup, certains se sentent exclus, pensent même que je m’éloigne et il leur est difficile de comprendre que s’ils ont un sentiment d’éloignement de ma part, c’est pour mieux revenir par après.
SVP, respectez-moi, lâchez-moi, je réapprends à vivre sans un démon et, même si je suis quelqu’un qui exprime très facilement ses états d’âmes, dans ce cas-ci, je n’en ai pas nécessairement envie.
20:02 Écrit par Adeline dans Général | Lien permanent | Commentaires (5) | Envoyer cette note |
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13.11.2007
LES DANGERS DE L’EXASPERATION

Hier lundi, journée qui débute par l’exercice de repérage.
Pour rappel, on dessine ou on écrit … au choix.
Je prends l’option dessin et me lance dans une esquisse d’un arbre bien ancré dans le sol, entouré d’un jardin clos par des barrières, avec un grand nid et une échelle permettant de rejoindre ce nid.
Le clos est entouré d’une ville.
Lorsque l’on me demande d’expliquer ce dessin, je leur dis que ce nid représente le Quotidien et que chacun est libre d’y grimper ou pas.
Pourquoi l’avoir entouré de barrières ?
Parce que cet endroit m’appartient et c’est un endroit que je refuse de partager avec les gens qui m’entourent en dehors de l’hôpital.
Le psychologue sourit … et me fait remarquer que la forme de l’arbre est une copie exacte du y grec … ce n’était vraiment pas intentionnel de ma part mais il a effectivement raison.
C’est curieux le subconscient, du moins si c’est effectivement lui qui m’a dicté la manière de représenter cet arbre.
A creuser …
Fin de journée, j’avais une réunion pour discuter de certains points importants quant à la succession de mon ex-mari. J’avais emmené avec moi mon fils aîné, majeur depuis peu, pour qu’il prenne part à ces discussions.
Un mini pugilat, des haussements de ton, de l’agressivité dans l’air … du pur bonheur.
Mon fils et moi-même restions impassibles mais l’exaspération me vrillait le ventre.
Et au retour, j’ai vraiment eu envie d’un verre de vin ! Et oui !
Mais comme depuis 3 semaines j’interdis formellement l’introduction de la moindre goutte d’alcool dans la maison, lorsque nous sommes rentrés, j’ai terminé ce que j’avais à faire, je me suis plongée dans un bain bien chaud et hop, au lit !
Et c’est donc ce matin, en en parlant au Quotidien que j’ai pu mettre le doigt sur l’un des faits qui pourrait me faire tomber : l’énervement donc, cette exaspération ressentie hier sont des facteurs dangereux et dont il faudra que je tienne compte à l’avenir et dont il faudra surtout me méfier.
Suite de la matinée avec débat sur la nécessité de pouvoir dire « non », sur le fait d’être capable de lâcher prise – cela partait un peu dans tous les sens mais toujours autour du même thème. Vraiment très intéressant et enrichissant.
Tout était enrichissant durant ces deux dernières journées, et très positif aussi, puisqu’une leçon apprise et intégrée.
19:04 Écrit par Adeline dans Général | Lien permanent | Commentaires (4) | Envoyer cette note |
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11.11.2007
3 SEMAINES DEJA !
Eh oui !
Chouette non ?
WE très calme !
La routine : les courses, le rangement, la lessive, préparer un dossier, et mettre tous les papiers et factures en ordre.
Samedi soir, poker entre amis.
Un vrai tripot avec alcool et ambiance bleue de fumée de cigarettes.
J’ai perdu et je n’ai rien bu !
D’aucuns me disent que les premiers temps d’abstinence fait de nous des êtres très sûrs d'eux.
C’est vrai en fait !
Et je suis tellement fière de moi !
21:28 Écrit par Adeline dans Général | Lien permanent | Commentaires (7) | Envoyer cette note |
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09.11.2007
RECHUTE OBLIGATOIRE ?

Cette journée a été marquée par des discussions organisées par les psys chaque vendredi après-midi en fonction des problèmes de chacun.
Un atelier « Des mots pour le dire », un atelier « Vie quotidienne » et le dernier, « Dépendance » dont je fais partie.
La dernière fois, les patients de ce groupe avaient demandé à changer le nom de l’atelier en « Indépendance » parce qu’ils trouvaient le terme initial discriminatoire et humiliant.
Personnellement, cela ne me dérange nullement dans la mesure où nous savons tous pourquoi nous sommes là et qu’il faut assumer les choses, mais bon …
La discussion commence donc sur la lecture des définitions exactes du dictionnaire des mots « indépendant » et « liberté ».
Les questions posées reviennent à ceci : est-on libre de boire, libre quand on boit et libre de cesser de boire ?
Bien entendu que nous sommes libres de boire et libres de cesser MAIS est-on libre quand on a bu ? Je ne pense pas. Nous sommes dangereux, imprévisibles parfois, agressifs ou tristes selon les cas, stupides certainement.
La semaine dernière, je suis allée faire un petit coucou à un souper de copines et l’une d’elles était complètement bourrée. Les paupières tombantes, la langue pâteuse et le discours difficile, répétitif.
Quand j’ai demandé à Phil en partant s’il m’avait déjà vue comme cela, il a opiné de la tête.
J’étais mortifiée !
Mais ce qui m’a le plus choquée lors de cette discussion « Dépendance », c’est
Cela m’a véritablement choquée !
Bientôt 3 semaines que je suis abstinente, je me sens bien, calme et les choses sont bien claires dans ma tête !
Faux me répondent-ils, tu verras …
C’est vrai que 3 semaines, c’est peu mais c’est déjà pas mal et je vais continuer.
« Fontaine, je ne boirai jamais de ton eau »… ?
Fontaine, j’aimerais vraiment n’en rester qu’à ton eau !
20:28 Écrit par Adeline dans Général | Lien permanent | Commentaires (8) | Envoyer cette note |
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08.11.2007
SERENITE

Que du bonheur aujourd’hui.
Rien de spécial si ce n’est que Marie nous est arrivée, calme, alors qu’elle avait un repas hier soir de la plus haute importance pour son avenir.
Cela m’a fait plaisir pour elle.
J’espère qu’il sera là demain pour nous en donner des nouvelles, et de bonnes nouvelles si possible.
C’est fou comme on peut tisser des liens en quelques jours et se réjouir du bonheur des autres.
Sinon, journée bricolage : gravure sur verre le matin et scrapbooking l’après-midi.
Toute la journée occupée sans pauses ni pertes de temps.
Et de nouvelles idées pour bricoler à la maison, en se vidant surtout la tête.
Ah oui ! Autre chose : nous sommes allés prendre un petit apéro le Phil et moi en fin de journée et j’ai mis mon nez dans un verre de bière, juste pour en humer l’odeur … c’est infect !
Elle n’est pas belle la vie ?
22:32 Écrit par Adeline dans Général | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note |
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07.11.2007
PERTES DE TEMPS

Au « Quotidien », tout est fait pour que tout le monde se sente bien, en sécurité pour certains, maternés parfois mais dans une mesure certaine, écoutés pour tous.
Chaque journée est préprogrammée avec un horaire strict.
Accueil du matin – pause - discussions ou ateliers – pause – repas – pause – ateliers – pause – clôture de la journée.
Et c’est au niveau de ces diverses pauses que j’ai un souci.
Il y en a trop selon moi. Trop de pertes de temps.
Je pensais que ce serait plus « intensif » et je déchante un peu.
Les matinées sont relativement bien remplies, je l’admets, mais déjeuner à 12h10 et reprise des activités à 14h15, c’est beaucoup trop long.
Fort heureusement, l’atelier d’expression artistique s’ouvre après le repas pour ceux qui ont envie d’autre chose que de rester dehors à fumer et je profite au maximum de cette plage horaire pour m’y rendre, seule la plupart du temps, ce qui – soit dit en passant – ne me dérange nullement.
Par contre, lorsque l’activité de l’après-midi cesse vers 15h30, il vous faut attendre, bêtement, la clôture pour assister à l’ultime réunion du jour et là, je m’insurge !
Et quand je m’insurge, je le dis … !
Le psy m’a répondu qu’ils étaient conscients du problème, que ce n’était pas la première fois qu’un patient le leur disait, mais qu’ils bougent alors !
Soit !
Pour le reste, journée calme : « Paroles de femmes » ce matin avec un thème choisi.
Pratiquement seules Marie et moi avons parlé, les autres se contentant d’opiner du chef – libres à elles mais c’est dommage.
Cet après-midi, film / débat – rien d’affolant.
Pour le reste, je tiens toujours le coup, mes obsessions s’éloignent et ma langue est calme.
Néanmoins, un nouveau problème : je bois tellement de jus de fruits que j’en attrape des crampes très douloureuses au ventre. Le psy me conseille l’eau ! Il est gentil mais 2 litres minimum par jour ne me semblent déjà pas si mal … et tellement insipide.
Bref, ne me dites pas que je ne suis une emmerdeuse, je le savais avant de vous « rencontrer » !
Mais non, je ne suis pas de mauvaise humeur, et de toute manière, demain est un autre jour ;-)
20:47 Écrit par Adeline dans Général | Lien permanent | Commentaires (5) | Envoyer cette note |
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06.11.2007
VOL AU-DESSUS D’UN NID DE COUCOU

Je suis allée un peu trop vite hier en vous demandant si Fond Roy était un repère de fous …
Et pourtant, je ne les traiterai pas de fous.
Juste un peu « excessifs » parfois mais il faut connaître les raisons pour lesquelles ils sont là.
Mais commençons par le début.
Accueil habituel par groupe durant lequel chacun fait le bilan de sa soirée, de son sommeil et de son état d’âme du jour.
Au programme du mardi matin : « ça se discute » !
Nous choisissons tous ensemble un thème et c’est parti.
Aujourd’hui : la surcharge.
La surcharge de travail (voulue ou non) amène-t-elle à la dépression ?
Comment parvenir à lâcher prise sans culpabiliser.
Débat intéressant.
Certains parlent beaucoup, d’autres se taisent ou ne prononcent que quelques mots.
Il y a des silences qui s’installent, rattrapés par le psy qui relance la discussion.
C’est étrange parce que je me sens dans un tout autre monde et en même temps très intéressant de par la réaction OU la non-réaction de certains.
Si je n’étais pas malade moi-même, ce serait très instructif de faire une étude comportementale de malades mis ensemble autour d’une table pour simplement parler.
Je suis aussi frappée, au fil de ce débat, du nombre important de dépressifs au « Quotidien », le Quotidien étant en fait le nom exact de cet hôpital de jour.
La plupart d’entre eux sont là depuis des mois et des mois, voire des années.
Ils me disent même « tu verras, le mois prochain, nous ferons ceci ou cela » … juste que je n’ai pas vraiment l’intention de m’éterniser là-bas mais cela sera à discuter avec le chef de service qui, s’il ne me connaît pas encore très bien, va vite apprendre.
Mais, ne mettons pas la charrue avant les bœufs non plus, à chaque jour suffit sa peine.
Pour l’après-midi, j’avais choisi l’atelier « mouvements ».
Nous nous retrouvons à +/- 12 dans la salle de sports pour inventer une petite chorégraphie sur une musique choisie de commun accord.
Il y a de tout : des jeunes, des moins jeunes et des moins-moins jeunes.
Le but de cet atelier est de nous faire bouger, de réapprendre pour certains à coordonner leurs mouvements.
Et, dans le feu de l’action, l’un ou l’autre se lâche complètement, danse de façon désordonnée, râle parce qu’il estime que c’est un 3 temps et non un 4 temps, crie même …
Je me suis très franchement dit que Jack Nicholson allait entrer d’un moment à l’autre dans la salle.
Najet, 38 ans, était morte de rire.
Pour ma part pas, parce que je trouvais cela pathétique.
Et pourtant, ils ont tout à fait le droit de s’exprimer, quelle qu’en soit la manière.
Drôle de journée mais je ne regrette pas d’être là.
On pense que l’on va mal et on se rend compte que finalement, il y a pire, il y a plus grave encore, plus douloureux, plus destructeur que nous.
Je pensais savoir ce que je ne veux plus, je sais aujourd’hui ce que je ne veux surtout pas !
18:40 Écrit par Adeline dans Général | Lien permanent | Commentaires (5) | Envoyer cette note |
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05.11.2007
FOND ROY

Et bien voilà, ma première journée est achevée et moi … je suis ravie !
Accueil adorable dès mon arrivée.
Tout le monde est souriant, même si le WE ne fut pas terrible pour certains.
Je sors fumer une cigarette en attendant le lancement des opérations et discute immédiatement avec Régine.
Quel âge a Régine ? Aucune idée ! La quarantaine peut-être mais elle fait plus.
Arrive une autre dame, Marie, les bras chargé de sacs Carrefour … avec à l’intérieur de ceux-ci des vêtements neufs qu’elle a achetés ce WE pour Régine qui, manifestement, n’a pas les moyens de le faire.
Régine se met à pleurer, expliquant qu’il y a des années que l’on ne lui a plus fait de cadeaux. Marie la prend dans ses bras et l’embrasse.
Vlan ! Ca démarre fort mais quelle jolie leçon de solidarité.
A Fond Roy, les patients sont divisés en 3 groupes différents avec, pour chaque groupe, un psy et une infirmière en psychiatrie.
L’envoi dans un groupe en particulier ne relève pas d’une pathologie spéciale, c’est en fonction du nombre de personnes par groupe.
Adeline, vous allez dans le groupe B.
Avec Régine et Marie … en voilà déjà deux que je connais.
Premier tour de table pour que chacun raconte comment s’est passé son WE.
Dans l’ensemble, je constate que beaucoup de gens ont de gros problèmes de sommeil et / ou de solitude. Certains sont même épuisés.
Ensuite, exercice de repérage : cela consiste à prendre une feuille de papier et à soit y dessiner quelque chose, soit y écrire un ou plusieurs de nos projets ou envies.
Je choisis pour ma part l’écriture et jette sur ce papier toutes les raisons pour lesquelles je suis dans ce centre.
Régine, à mes côtés, gribouille un visage, mange le col de son pull et se met à pleurer.
Personne ne bouge, personne ne juge.
Second tour de table durant lequel chacun s’explique.
J’ai nettement l’impression de jeter un pavé dans la mare avec ma franchise, surtout de la part des thérapeutes mais j’estime que je ne suis pas venue ici pour me recroqueviller sur ma petite personne, rester dans mon coin ou encore me taire.
Je suis là parce que je l’ai choisi librement, parce que je veux avancer et parce que je ne veux pas perdre mon temps pendant des mois.
Régine, quant à elle, ne veut pas parler !
Tout le monde respecte.
Rassemblement dans la salle commune pour un exposé sur les droits des malades.
Et voilà que commence une polémique entre une patiente et le psychiatre au sujet du droit qu’a un malade d’avoir accès à son dossier médical.
Elle refuse de comprendre qu’un dossier médical peut comporter certains termes qui pourraient être mal interprétés par le malade, surtout en psychiatrie, et anticipe carrément
en accusant les médecins de ne pas tout mettre dans ces rapports.
Stérile ! 10 minutes de discussion stérile, et c’est long 10 minutes !
Repas.
L’après-midi est consacré à une activité soit sportive, soit d’expression artistique.
J’opte pour cette dernière et me retrouve avec un tout petit groupe à faire du modelage avec de la terre.
Vous devez savoir que j’ai fait cela de par le passé durant un an mais j’avais du cesser suite à de graves problèmes d’arthrose dans les pouces.
C’était donc la première fois que je reprenais cette activité depuis deux ans exactement.
L’avantage du modelage, en dehors du côté « artistique » réside dans le fait que vous videz complètement votre tête pour vous concentrez sur ce que vous faites et ça, ça fait beaucoup de bien.
Fin d’après-midi, une dernière réunion avec l’ensemble des patients pour faire le bilan de la journée.
Certains n’ont pas bien vécu ce lundi, d’autres sont satisfaits des entretiens en privé qu’ils ont eus avec les thérapeutes, d’autres encore n’ont rien à signaler.
Pour ma part, cette journée a filé sans que je ne m’en aperçoive.
Je me sens bien.
ET, cerise sur le gâteau … je n’ai à aucun moment eu la moindre obsession !
Fond Roy, c’est pour les fous ?
Alors je suis complètement folle !
19:31 Écrit par Adeline dans Général | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note |
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04.11.2007
ETAT DES LIEUX – 1

Deux semaines que j’ai cessé de boire.
Une semaine ce dimanche que le blog est actif et déjà plus de 1.000 visites.
Etat des lieux à ce jour :
- je suis en pleine forme, voire, je déborde d’énergie
- je suis d’un calme olympien alors qu’auparavant, c’était plutôt du genre pile électrique
- mon visage a changé
- je passe à travers les traquenards sans soucis
- mes fils sont tellement contents
- mes amis m’encouragent et me soutiennent
- j’ai « rencontré » via Skynetblog Jacques, Paul, L’indien, Marirose, Nanny, Furius, Françoise
Bref, vraiment que du positif.
Merci déjà à tous J
Et demain matin, je rejoins « le quotidien » de Fond Roy.
A demain donc à ceux qui le désirent pour un premier compte-rendu et toute belle fin de WE à tous.
17:28 Écrit par Adeline dans Général | Lien permanent | Commentaires (7) | Envoyer cette note |
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03.11.2007
LA CULPABILITE DANS LE REGARD DES AUTRES

Juste en passant aujourd’hui parce que j’ai une journée très chargée.
MAIS, j’avais envie de vous faire partager cette courte expérience vécue hier.
Juste dans un regard furtif mais qui en disait long.
Nous nous sommes retrouvés le Phil et moi dans un traquenard de plus, chez sa sœur qui avait invité un grand nombre de personnes à une raclette.
Nous y sommes arrivés tard et la table était jonchée de bouteilles plus ou moins vides.
Et pour ma part, avec mon éternel jus de légumes sous le bras … ;-)
Et comme vous le savez tous, un verre en appelle un autre.
Il n’y a plus de bulles ? Attends Gaspard, je sais où il y en a.
Et en avant, on l’ouvre et on la descend en moins de temps qu’il n’en faut pour le dire.
Plus de bulles ? Je crois qu’il y a encore du blanc !
Oui, allez, roulez jeunesse !
La mère Adeline descend pour sa part son litre de légumes, un peu à l’écart c’est vrai aussi.
Mais au moment de les quitter, en saluant toute l’assemblée, qu’ai-je vu dans les yeux de l’une des femmes présentes ?
De la gêne par rapport à moi ! Sic
Jaja sait que je buvais et Jaja était complètement beurrée.
Jaja était vraiment embêtée parce qu’encore assez lucide pour se juger par rapport à moi.
Est-ce le monde à l’envers ou suis-je devenue le miroir de leurs propres travers ?
J’ai jeté ma culpabilité aux oubliettes et je provoque celle des autres, sans le vouloir, croyez-moi mais j’ai vécu pendant quelques secondes un sentiment très étrange.
Etrange, elle est effectivement très étrange parfois la vie.
10:58 Écrit par Adeline dans Général | Lien permanent | Commentaires (7) | Envoyer cette note |
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